Rome envisage d'augmenter la taxe de séjour afin de rendre les voyageurs "plus responsables" et de collecter des fonds. Selon un projet de loi publié cet été, le gouvernement de Giorgia Melons envisage d'augmenter la taxe de séjour, qui est actuellement d'environ cinq euros par nuit, à 10 euros par chambre à partir de 100 euros, à 15 euros à partir de 400 euros et à 25 euros pour les suites de luxe de plus de 750 euros.
La proposition a suscité la colère des groupes touristiques qui craignent qu'elle n'ait un effet dissuasif.
"Nous ne pouvons pas faire fuir les touristes avec des taxes excessives".
a déclaré Marina Lalli à l'AFP. Elle est à la tête de Federturismo.
"Nous payons déjà une TVA (taxe sur les ventes) très élevée de 22 %. En ajoutant de nouvelles taxes, nous pourrions nuire à la compétitivité de l'Italie. C'est particulièrement vrai pour les voyages organisés tout compris".
Bernarbo Bocca, de l'association d'hôteliers Federalberghi, a accusé en mai le gouvernement de traiter "les hôtels comme des guichets automatiques". Daniela Santanche, ministre du tourisme, a rejeté ce week-end la "panique infondée" après que la nouvelle de l'augmentation proposée des taxes a fait la une des journaux étrangers. Elle n'a pas démenti ce projet.
"A l'heure du surtourisme, nous discutons de la taxe de séjour afin qu'elle soit une aide précieuse pour améliorer les services et responsabiliser les touristes qui paient", a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux au début du mois d'août.
Selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), l'Italie est la quatrième destination touristique la plus populaire. Elle a accueilli 57,2 millions de touristes étrangers qui ont dépensé $55,9 milliards d'euros l'année dernière. L'Organisation mondiale du tourisme (OMT) a indiqué que les touristes étaient divisés sur la question d'une éventuelle augmentation des taxes devant le Duomo de Milan, la majestueuse cathédrale.
"Augmenter la taxe, c'est faire du profit". Je déménagerais dans un autre pays où cette taxe n'existe pas", a déclaré Fabea, un étudiant suisse en économie âgé de 25 ans.
En 2023, l'État a enregistré 21871 641 visiteurs nationaux, un bond significatif par rapport aux chiffres d'avant COVID. Le nombre de touristes internationaux a également augmenté, avec 649 057 visiteurs en 2023. Le premier trimestre 2024 a poursuivi la tendance à la hausse avec une augmentation de 2,05% des arrivées de touristes nationaux par rapport à la même période de 2023.
Liam Roth (25 ans), étudiant en informatique à Zurich, a soutenu cette proposition : "Je comprends que les Milanais soient irrités par les touristes. Je pense qu'augmenter la taxe est la bonne chose à faire". "Nous faisons partie du problème", a-t-il déclaré à l'AFP.
Un représentant du gouvernement a déclaré à l'AFP que les consultations entre l'industrie et les autorités locales étaient toujours en cours.
"Rien n'est décidé. Source : "À ce stade, l'augmentation du taux d'imposition n'est qu'une hypothèse."
La richesse de son patrimoine culturel et la beauté de son littoral ont fait de l'Italie une destination touristique très prisée depuis de nombreuses années. Mais les chiffres ne sont plus viables. En avril, les Vénitiens, qui se pressent sur les ponts et dans les rues étroites, ont dû s'acquitter d'un droit d'entrée de cinq euros par jour pour les visiteurs en période de pointe. Il y avait toujours autant de monde. En juillet, les autorités locales de la Riviera italienne, où des embouteillages peuvent se former entre les villages colorés de Cinque Terre, le long de la magnifique côte nord-ouest, ont introduit un droit d'entrée de cinq euros sur le "Chemin de l'amour" récemment rénové.
Graffiti demandant "Tourists go home !" (Les touristes rentrent chez eux !) Des graffitis demandant aux touristes de rentrer chez eux ornent Florence, joyau de la Renaissance. Il en va de même à Barcelone, haut lieu de l'agitation anti-tourisme.
Les habitants des deux pays ont les mêmes préoccupations : le bruit et la foule, les magasins autrefois utiles remplacés par des échoppes de souvenirs et, surtout, l'augmentation des loyers locaux due à la transformation d'appartements en appartements de location à court terme. Selon le plan italien proposé, la taxe de séjour serait étendue à l'ensemble des 7 904 localités. Cette taxe a rapporté 775 millions d'euros en 2023.
























